Saisie sur salaire pour les loyers impayés : les règles à connaître

Table des matières
Peut-on saisir le salaire d’un locataire pour des loyers impayés ?
Oui, mais cette possibilité n’est jamais automatique. Un bailleur ne peut pas contacter directement l’employeur de son locataire pour lui demander de prélever les loyers non réglés.
Pour engager une saisie, il doit d’abord disposer d’un titre exécutoire constatant une créance liquide et exigible. Il peut notamment s’agir d’un jugement, d’une ordonnance ou d’une injonction de payer devenue exécutoire. Ce document officialise les sommes dues et permet ensuite d’engager une mesure d’exécution forcée. (source PAP)
Une fois les conditions réunies, une fraction de la rémunération peut être retenue chaque mois jusqu’au remboursement des impayés, dans les limites prévues par la réglementation.
Ce qui a changé depuis le 1er juillet 2025
La réforme entrée en vigueur en juillet 2025 a surtout modifié l’organisation de la procédure. Auparavant, sa mise en œuvre reposait largement sur le tribunal judiciaire et son greffe. Désormais, ce sont principalement les commissaires de justice qui pilotent les différentes étapes.
Pour le bailleur, cette évolution rend le recouvrement plus direct une fois le titre exécutoire obtenu. Il n’est plus nécessaire de repasser systématiquement par une phase préalable devant le juge pour mettre en œuvre la retenue.
Cela ne signifie pas que la justice n’intervient plus. Le débiteur conserve notamment la possibilité de contester la mesure devant le juge de l’exécution si les conditions sont réunies.
La réforme a également créé un registre numérique des saisies des rémunérations. Celui-ci permet de centraliser les dossiers et facilite leur coordination lorsqu’une même personne doit rembourser plusieurs créanciers.
Quelles sont les étapes de la saisie sur salaire ?
La procédure suit désormais un chemin relativement lisible. Le créancier doit d’abord obtenir son titre exécutoire avant de faire intervenir un commissaire de justice.
La saisie permet ainsi au propriétaire de récupérer progressivement les sommes qui lui reviennent lorsque le l'occupant dispose de revenus réguliers.
Le commandement de payer laisse encore une marge de manœuvre
Avant que la retenue ne soit mise en œuvre, le commissaire de justice signifie au débiteur un commandement de payer. Celui-ci dispose alors d’un mois pour régler les sommes réclamées, proposer un accord ou contester la disposition.
Cette étape peut encore permettre de trouver une solution amiable. Un échéancier peut par exemple être envisagé lorsque les difficultés rencontrées sont temporaires et que l'occupant reste en capacité de reprendre ses paiements.
Si aucun accord n’est trouvé dans le délai prévu, la procédure peut se poursuivre auprès de l’employeur. Cette étape permet donc de formaliser les manquements tout en laissant une dernière possibilité de régularisation avant activation.
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Quel est le rôle de l’employeur ?
Une fois la mesure signifiée, l’employeur devient le tiers saisi. Il doit calculer puis retenir chaque mois la fraction de rémunération prévue par les textes.
Les sommes ne sont toutefois pas directement versées au bailleur. Elles transitent par un commissaire de justice répartiteur, chargé de les recevoir puis de les attribuer au créancier. En présence de plusieurs saisies, le répartiteur assure également la distribution des montants entre les différents créanciers selon les règles applicables.
L’employeur n’a donc pas à arbitrer le litige lié au contrat de location. Son rôle consiste à appliquer la disposition qui lui a été régulièrement notifiée.
Quelle part du salaire peut réellement être saisie ?
La totalité de la rémunération du locataire ne peut jamais être prélevée. La loi prévoit un barème progressif déterminant la fraction saisissable.
Plus les revenus sont élevés, plus la part pouvant être affectée au remboursement augmente. La situation familiale peut également intervenir dans le calcul, tandis qu’une somme minimale doit rester à la disposition de la personne concernée pour lui permettre de couvrir ses dépenses courantes.
Pour le bailleur, ce point est essentiel. Plusieurs milliers d’euros de loyers non réglés ne seront pas nécessairement récupérés en quelques mois. Lorsque les ressources sont modestes, les versements peuvent être faibles et le recouvrement s’étaler dans le temps.
Le dispositif doit donc être considéré comme un outil de remboursement progressif, et non comme une solution permettant de récupérer immédiatement l’intégralité des impayés.
Le locataire peut-il contester la saisie ?
Oui. La réforme a facilité la mise en œuvre pour le créancier, mais elle n’a pas supprimé les droits du débiteur ni le contrôle de la justice.
Une contestation peut être portée devant le juge de l’exécution, notamment concernant le montant réclamé, les conditions de mise en œuvre ou le calcul de la fraction saisissable. Selon le moment auquel elle intervient, elle peut également suspendre temporairement le dispositif.
Le propriétaire a donc tout intérêt à conserver un dossier précis : contrat de location, historique des versements, relances, éventuels accords, décompte des sommes restant à payer et titre exécutoire. Ces éléments permettront de justifier sa demande en cas de contestation.
Saisie sur salaire et expulsion : deux procédures différentes
La saisie des rémunérations et l’expulsion sont parfois engagées dans un même contexte, mais elles répondent à deux objectifs distincts.
La première constitue une procédure de recouvrement : elle permet au créancier de récupérer les sommes qui n’ont pas été payées. Elle n’entraîne ni la résiliation automatique du bail ni le départ du locataire.
La procédure d’expulsion vise au contraire à mettre fin au contrat et, lorsque les conditions légales sont réunies, à obtenir la libération du logement. Elle possède ses propres étapes, délais et garanties.
Dans certaines situations, les deux démarches peuvent donc avancer parallèlement. Le propriétaire peut chercher à récupérer les arriérés déjà accumulés tout en poursuivant la résiliation du bail afin d’éviter que les impayés continuent à augmenter.
La saisie garantit-elle le remboursement des loyers ?
Non. Son efficacité dépend fortement de la situation financière et professionnelle de la personne concernée.
Lorsque l'occupant dispose d’un salaire régulier et suffisamment élevé, le remboursement peut avancer de manière relativement constante. À l’inverse, si sa rémunération est faible, la fraction saisissable peut être limitée et les versements s’étaler sur une longue période.
Un changement d’employeur, une période de chômage ou la présence d’autres créanciers peuvent également influencer le rythme du recouvrement. Le rôle du commissaire de justice répartiteur devient notamment important lorsque plusieurs saisies doivent être coordonnées.
Pour le créancier, cette mesure constitue donc un levier de recouvrement intéressant, mais elle ne garantit ni la récupération immédiate ni le remboursement intégral des loyers.
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Comment réagir dès les premiers retards de paiement ?
Attendre plusieurs mois avant d’agir augmente mécaniquement les sommes à récupérer et peut rendre la régularisation plus difficile.
Dès qu’un retard significatif apparaît, un premier échange avec le locataire peut permettre d’en identifier la cause : difficulté ponctuelle, baisse de revenus, retard administratif ou problème plus durable. Lorsque la situation le permet, une solution amiable peut éviter d’engager immédiatement une procédure plus lourde.
Si les retards persistent, il devient important de formaliser les échanges et de conserver toutes les pièces utiles. Bail, échéancier, relevé des paiements, courriers de relance et éventuelles garanties permettront au bailleur de constituer un dossier solide si l’intervention d’un commissaire de justice devient nécessaire.
Il convient également de vérifier rapidement les protections déjà en place, notamment une assurance contre les loyers impayés ou une caution.
Sécuriser le suivi pour intervenir rapidement et éviter les procédures
Pour éviter les procédures longues et coûteuses, souscrire à une garantie loyers impayés peut être la solution.
C’est dans cette logique qu’un outil comme Gapaylo peut être utile : il permet de protéger vos revenus locatifs (vous êtes payé(e) le 1er du mois, quoi qu'il arrive), de sécuriser la sélection de votre locataire, et de simplifier la gestion locative.
Une procédure simplifiée mais toujours encadrée
Depuis juillet 2025, la saisie des rémunérations repose davantage sur les commissaires de justice, ce qui facilite sa mise en œuvre une fois le titre exécutoire obtenu. Elle reste néanmoins strictement réglementée : le bailleur ne peut jamais intervenir directement auprès de l’employeur sans respecter les étapes prévues.
Elle peut constituer une solution efficace lorsque le locataire dispose de revenus réguliers. Son résultat dépend toutefois de la fraction saisissable, de sa situation professionnelle et de la présence éventuelle d’autres créanciers. Pour le propriétaire, la priorité reste donc de réagir rapidement aux premiers impayés, de documenter les sommes dues et d’engager la procédure adaptée lorsque la résolution amiable n’est plus suffisante.
FAQ
Quelle est la nouvelle loi sur les loyers impayés ?
Depuis le 1er juillet 2025, ce sont les commissaires de justice, et non plus le tribunal, qui pilotent la procédure de saisie sur salaire pour loyers impayés, à condition de disposer d'un titre exécutoire constatant la dette.
Quel est le montant maximum d'une saisie sur salaire ?
La part saisissable suit un barème progressif selon le niveau de revenus, une somme minimale restant toujours à la disposition du locataire. Il n'existe donc pas un taux maximum unique, ce qui rend le remboursement souvent progressif et partiel.
Quels sont les motifs possibles pour une saisie sur salaire ?
Dans le cadre des loyers impayés, la saisie sur salaire suppose de disposer d'un titre exécutoire, comme un jugement ou une ordonnance, constatant la dette locative. Depuis le 1er juillet 2025, ce sont les commissaires de justice qui pilotent cette procédure.












