Vie du bail
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Nouvelle loi sur l’expulsion d’un logement : ce qui change vraiment pour les propriétaires bailleurs
May 21, 2026
Il n'existe pas une seule « loi expulsion logement ». En 2026, trois textes distincts encadrent la situation d'un propriétaire bailleur : la loi anti-squat du 27 juillet 2023, les règles classiques d'expulsion pour loyers impayés, et le décret du 3 novembre 2025 sur l'indemnisation en cas de blocage administratif. Confondre ces régimes, c'est risquer de mauvaises décisions et des pertes de temps considérables.
Cet article vous guide étape par étape selon votre situation réelle : identifier le bon régime applicable, suivre la procédure sans faux pas, comprendre la trêve hivernale et, surtout, éviter d'en arriver là.
Les différentes lois sur l’expulsion
Avant toute chose, un bailleur doit identifier le statut juridique de l'occupant. C'est ce point de départ qui détermine la procédure à suivre, l'autorité à saisir et les délais à anticiper. Une mauvaise qualification coûte souvent plusieurs mois.
La loi anti-squat du 27 juillet 2023 : pour les occupants sans droit ni titre
La loi du 27 juillet 2023 vise à mieux protéger les logements contre l'occupation illicite. Elle a renforcé l'arsenal juridique disponible face aux squats en permettant, dans certains cas précis, de solliciter une procédure administrative accélérée auprès du préfet lorsque l'occupation illicite est caractérisée et les preuves réunies.
Ce texte ne concerne que les occupants sans aucun droit ni titre : sans bail ou document préalable de mise à disposition du logement, l'entrée est réalisée par effraction, voire menace ou tromperie.
Ce que cette loi ne fait pas : elle ne transforme pas automatiquement un locataire en situation d'impayé en squatteur. Tant qu'il existe un bail - même si le locataire ne paie plus - l'occupant bénéficie d'un titre et relève d'un régime entièrement différent. C'est l'une des confusions les plus fréquentes et les plus coûteuses.
La procédure classique pour loyers impayés : le droit commun du bail
Pour un locataire titulaire d'un bail qui cesse de payer son loyer, c'est le droit commun de l'expulsion locative qui s'applique. La procédure est exclusivement judiciaire, encadrée par des étapes précises, et un propriétaire ne peut jamais agir seul.
La logique est claire : le locataire en impayé est entré légalement dans le logement. Il dispose d'un titre. Même si la situation se dégrade, il ne devient pas un squatteur. Le faire passer pour tel expose le bailleur à de graves erreurs de procédure et peut fragiliser l'ensemble du dossier.
Le décret du 3 novembre 2025 : l'indemnisation du bailleur en cas de blocage
Le décret n° 2025-1052 du 3 novembre 2025, entré en vigueur le 7 novembre 2025, ne crée pas une nouvelle procédure d'expulsion. Il précise et harmonise les modalités d'indemnisation du propriétaire lorsque l'État refuse ou retarde le concours de la force publique après qu'une décision de justice a été obtenue.
Ce texte s'active dans un cas bien précis : vous avez obtenu un jugement d'expulsion, mais l'État ne vous permet pas de l'exécuter. Le décret clarifie à partir de quand la responsabilité de l'État est engagée et comment évaluer le préjudice subi.
Tableau comparatif des trois situations :
Expulsion pour loyers impayés : les 5 étapes de la procédure
La procédure d'expulsion pour impayés suit une chronologie précise. Chaque étape conditionne la suivante. Un bailleur qui en saute une, ou qui agit trop tard, rallonge considérablement les délais.
Étapes 1 et 2 : le commandement de payer et la saisine du juge
Tout commence par le commandement de payer, un acte officiel délivré par un commissaire de justice. Ce document met le locataire en demeure de régler l'intégralité de sa dette dans le délai légal prévu - en général six semaines lorsque le bail contient une clause résolutoire.
Agir dès le premier impayé est décisif. Plus la dette s'accumule, plus le dossier devient complexe à gérer, plus les délais de régularisation s'allongent.
Si le locataire ne régularise pas sa situation dans le délai imparti, le bailleur peut saisir le juge des contentieux de la protection pour demander la résiliation du bail et l'expulsion. C'est à ce stade que le dossier doit être complet : bail signé, état des lieux, décompte précis des loyers impayés, relances écrites, échanges avec la CAF ou la MSA si des aides au logement sont versées.
Étape 3 : l'audience et la décision du juge
L'audience est une étape souvent sous-estimée. Le juge dispose d'un pouvoir d'appréciation réel. Il peut :
- constater la résiliation du bail et prononcer l'expulsion,
- accorder des délais de paiement au locataire,
- suspendre les effets de la clause résolutoire si le locataire est de bonne foi,
- tenir compte de la situation humaine et sociale du ménage.
Autrement dit, même avec une clause résolutoire parfaitement rédigée, l'issue n'est jamais automatique. C'est pourquoi la qualité du dossier présenté à l'audience fait toute la différence.
À noter : selon le niveau d'impayé, des mécanismes de prévention peuvent être activés en amont, notamment via la CCAPEX (Commission de coordination des actions de prévention des expulsions locatives). Cela peut allonger le calendrier, mais contribue aussi à sécuriser la procédure sur le plan juridique.
Étapes 4 et 5 : le commandement de quitter les lieux et le concours de la force publique
Si le juge prononce l'expulsion, la décision doit être signifiée au locataire. Un commandement de quitter les lieux lui est ensuite délivré par le commissaire de justice. Ce document ouvre en règle générale un délai de deux mois avant toute expulsion matérielle, sauf si le juge a décidé de le réduire ou de le supprimer.
Le locataire peut également demander des délais supplémentaires au juge de l'exécution.
Si, au terme de ce délai, le locataire se maintient dans le logement, le bailleur doit adresser une demande de concours de la force publique au préfet. C'est seulement à ce stade qu'une expulsion effective peut être organisée, sous contrôle légal, avec l'appui des forces de l'ordre.
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Focus sur la trêve hivernale
La trêve hivernale est souvent présentée comme un blocage total. C'est inexact. Un bailleur qui comprend précisément ce qu'elle suspend - et ce qu'elle n'interdit pas - peut utiliser cette période de façon productive.
Ce que la trêve hivernale suspend réellement
La trêve hivernale s'applique du 1er novembre au 31 mars inclus. Elle suspend l'exécution matérielle de l'expulsion : concrètement, il est impossible de faire sortir physiquement un occupant de son logement pendant cette période, sauf exceptions, comme le rappelle le service public.
Si le délai prévu dans le commandement de quitter les lieux expire pendant la trêve et que le locataire ne dispose pas de solution de relogement adaptée, l'expulsion est reportée à la fin de la période.
Ce que le bailleur peut continuer à faire pendant la trêve
La trêve ne bloque pas l'ensemble de la procédure. Pendant cette période, un bailleur peut parfaitement :
- relancer le locataire et documenter les échanges,
- mandater un commissaire de justice,
- délivrer un commandement de payer,
- saisir le juge et obtenir une décision d'expulsion,
- préparer la demande de concours de la force publique pour l'après-trêve.
La bonne stratégie consiste à utiliser les mois de novembre à mars pour faire avancer le dossier, rassembler les preuves et être en ordre de marche dès le 1er avril.
Les exceptions à la trêve hivernale
La protection n'est pas absolue. Dans certains cas prévus par la loi, la trêve hivernale ne fait pas obstacle à l'exécution d'une expulsion. C'est notamment le cas lorsque le logement est manifestement impropre à l'habitation ou dans certaines situations liées à l'occupation illicite selon le fondement juridique retenu.
Quelles sont les principales exceptions ?
La protection n’est pas absolue. La trêve hivernale ne s’applique notamment pas dans plusieurs cas expressément prévus, parmi lesquels :
Comment se protéger en tant que bailleur ?
La meilleure protection contre une procédure d'expulsion longue et coûteuse se construit avant la remise des clés, pas au moment du premier incident.
Sélectionner le locataire et rédiger un bail solide
La première ligne de défense d'un propriétaire, c'est la qualité du dossier locatif. Il ne s'agit pas de chercher un profil parfait, mais de vérifier avec méthode la cohérence entre les revenus du candidat, sa situation professionnelle et le niveau de loyer demandé.
Quelques réflexes à systématiser : contrôler l'identité, analyser les revenus nets, apprécier le taux d'effort, vérifier la cohérence globale des pièces. Un dossier incomplet ou transmis dans l'urgence doit toujours inviter à la prudence.
Un bail bien rédigé est également indispensable. Les clauses relatives au paiement, au dépôt de garantie, à la solidarité éventuelle et à la clause résolutoire doivent être formulées avec précision. L'état des lieux, l'inventaire pour un logement meublé, et l'ensemble des annexes doivent être conservés sans approximation. En cas d'impayé, un bailleur organisé gagne du temps à chaque étape.
Réagir dès le premier impayé : relance amiable et constitution du dossier
Dès le premier retard de paiement, la priorité est d'ouvrir le dialogue. Un appel, suivi d'un e-mail ou d'un courrier rappelant le montant dû et demandant une régularisation rapide, permet souvent de débloquer une situation ponctuelle - tout en conservant une trace écrite utile.
Si la situation ne se régularise pas rapidement, plusieurs actions s'imposent :
- envoyer une mise en demeure formelle,
- constituer un dossier complet : bail, décompte des loyers, échanges écrits, relances, justificatifs,
- vérifier si le locataire perçoit une aide au logement et, si nécessaire, effectuer un signalement auprès de la CAF ou de la MSA,
- orienter le locataire vers les dispositifs d'aide existants : FSL (Fonds de Solidarité pour le Logement), ADIL, travailleur social.
Ce dossier servira au commissaire de justice, à l'assureur si une garantie loyers impayés est en place, et au juge le cas échéant.
Indemnisation par l'État : quand et comment y avoir droit
Si l'expulsion est légalement ordonnée mais que le préfet refuse ou retarde le concours de la force publique, la responsabilité de l'État peut être engagée.
Depuis le décret du 3 novembre 2025, le cadre est plus lisible. La responsabilité de l'État court à compter :
- de la décision explicite de refus du préfet,
- ou, en l'absence de réponse, à l'issue d'un délai de deux mois suivant la demande de concours.
Pour constituer un dossier solide en vue d'une indemnisation, il faut conserver : le jugement d'expulsion, les significations, le commandement de quitter les lieux, la preuve de la demande adressée au préfet, et un décompte actualisé des sommes perdues (loyers non perçus, charges, préjudice locatif).
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FAQ : les questions les plus fréquentes sur l'expulsion locative
Un propriétaire peut-il expulser lui-même son locataire ? Non. Changer la serrure, couper l'électricité ou vider le logement de sa propre initiative est illégal, quelle que soit la durée ou le montant des impayés. Seule une décision de justice suivie d'une exécution régulière, avec le concours de la force publique si nécessaire, permet une expulsion légale.
À partir de combien de loyers impayés peut-on agir ? Il n'existe pas de seuil légal. En pratique, il faut réagir dès le premier impayé. Plus l'inaction dure, plus la dette s'alourdit et plus la procédure devient difficile à mener.
Qu'est-ce qu'un commandement de payer ? C'est un acte officiel délivré par un commissaire de justice qui met le locataire en demeure de régler sa dette dans un délai légal. C'est généralement le point de départ formel de la procédure d'expulsion pour impayés.
La trêve hivernale bloque-t-elle toute procédure ? Non. Elle suspend uniquement l'exécution matérielle de l'expulsion entre le 1er novembre et le 31 mars. Elle n'empêche pas de saisir le juge, d'obtenir une décision ou de préparer la suite de la procédure.
Quelle différence entre un squatteur et un locataire en impayé ? Le squatteur occupe le logement sans droit ni titre et en a pris possession par voies de fait. Les procédures, les autorités compétentes et les délais sont entièrement différents.
Que faire si le préfet refuse le concours de la force publique ? Le bailleur peut demander une indemnisation à l'État pour le préjudice subi. Le décret du 3 novembre 2025 précise les modalités de cette réparation et le point de départ de la responsabilité de l'État.
Combien de temps dure une procédure d'expulsion locative ? Plusieurs mois dans le meilleur des cas, parfois davantage. Entre le commandement de payer, l'audience, le commandement de quitter les lieux, la trêve hivernale éventuelle et l'attente du concours de la force publique, les délais s'accumulent rapidement. C'est pourquoi réagir tôt reste déterminant.

Taxe d’ordures ménagères : que peut réclamer un propriétaire à son locataire ?
May 21, 2026
Oui, un propriétaire bailleur peut récupérer la taxe d’enlèvement des ordures ménagères auprès du locataire, mais uniquement sur la part récupérable et jamais sur les frais de gestion. Dans ce guide, vous saurez exactement quoi réclamer, quand, comment calculer le montant et quel justificatif joindre.
Qu’est-ce que la TEOM ?
La taxe d’enlèvement des ordures ménagères (TEOM) est la taxe locale qui finance le service public de collecte et de traitement des déchets ménagers. Elle concerne les communes ou intercommunalités qui ont choisi ce mode de financement, en alternative à la REOM.
Concrètement, la TEOM n’est pas adressée séparément : elle apparaît sur l’avis de taxe foncière du propriétaire. C’est un point clé pour le bailleur, car cette ligne figure parmi les éléments à identifier précisément avant toute refacturation au locataire (source impots.gouv.fr).
Son rôle est simple : permettre à la collectivité de financer l’enlèvement des ordures, leur collecte, puis leur traitement. Contrairement à une logique de facturation à l’usage, la TEOM ne dépend pas directement du volume exact de déchets produit par chaque occupant dans sa version classique.
Il faut aussi distinguer trois mécanismes souvent confondus :
Autrement dit, la TEOM est une taxe liée au bien immobilier, la REOM une redevance liée au service utilisé, et la TEOMi une version hybride qui introduit une part incitative. Cette distinction est essentielle pour savoir ensuite ce qu’un propriétaire peut réellement récupérer en location.
Qui paie juridiquement et qui supporte économiquement la taxe ?
La règle est simple : juridiquement, c’est le propriétaire bailleur qui paie la taxe d’enlèvement des ordures ménagères à l’administration fiscale, car elle figure sur son avis de taxe foncière. Mais économiquement, cette charge peut être refacturée puisqu’elle fait partie des charges récupérables.
En résumé :
- Le propriétaire paie la taxe d’enlèvement des ordures ménagères (TEOM) à l’administration fiscale, car elle figure sur son avis de taxe foncière.
- Le locataire rembourse ensuite cette somme au titre des charges récupérables. Autrement dit, le bailleur avance la taxe puis la refacture au locataire lors de la régularisation des charges.
Attention : seuls les montants de TEOM sont récupérables. Les frais de gestion ajoutés par l’administration fiscale restent à la charge du propriétaire.
Cette règle est prévue par le décret n°87-713 du 26 août 1987 relatif aux charges récupérables.
Quand réclamer la TEOM au locataire ?
La TEOM peut être récupérée soit via les provisions sur charges avec régularisation annuelle, soit par une demande ponctuelle après réception de l’avis de taxe foncière.
Dans la pratique, de nombreux bailleurs attendent l’avis de taxe foncière afin de connaître le montant exact à refacturer. Cette méthode évite les estimations approximatives et facilite la justification auprès du locataire.
Le point clé est simple : n’attendez pas trop longtemps. Plus la demande est proche de l’émission de l’avis, plus elle est compréhensible et facile à justifier. Une réclamation tardive reste parfois possible, mais elle complique la gestion et augmente le risque de contestation.
Comment calculer la somme récupérable ?
Le calcul est simple : le propriétaire peut récupérer uniquement le montant de la taxe d’enlèvement des ordures ménagères (TEOM) figurant sur l’avis de taxe foncière. Les frais de gestion ajoutés par l’administration ne sont pas récupérables. En cas d’occupation partielle sur l’année, il faut appliquer un prorata selon la durée réelle d’occupation du logement.
Repérer la bonne ligne sur l’avis de taxe foncière
C’est le point de départ. Sur l’avis de taxe foncière, il faut distinguer trois éléments qui sont souvent confondus :
Élément figurant sur l’avisRécupérable sur le locataireCommentaireMontant de la TEOMOuiCorrespond à la taxe d’enlèvement des ordures ménagères proprement diteFrais de gestionNonIls restent à la charge du propriétaire bailleurTotal figurant sur l’avisNon, pas intégralementLe total inclut des sommes qui ne sont pas toutes récupérables
Autrement dit, il ne faut jamais refacturer automatiquement le total affiché sur l’avis. Seule la ligne correspondant à la TEOM doit être retenue pour le calcul locatif.
La formule de calcul à appliquer
Si le locataire a occupé le logement pendant toute l’année, le calcul est direct :
Somme récupérable = montant de la TEOM
Si le locataire est entré ou parti en cours d’année, il faut raisonner au prorata temporis :
Somme récupérable = montant de la TEOM × nombre de mois d’occupation / 12
En pratique, certains bailleurs retiennent un calcul au mois, d’autres au jour près. Le plus important est d’utiliser une méthode cohérente, lisible et facilement justifiable en cas de demande d’explication.
Tableau de calcul selon les situations
Exemple chiffré concret
Un propriétaire reçoit un avis de taxe foncière mentionnant une TEOM de 164 € et des frais de gestion de 13 €. Le total affiché est donc de 177 €.
Le locataire est entré dans le logement le 1er avril et l’a occupé jusqu’au 31 décembre, soit 9 mois sur 12.
Le calcul correct est le suivant : 164 € × 9 / 12 = 123 €.
Le propriétaire peut donc réclamer 123 € au titre de la taxe d’ordures ménagères. Il ne peut pas demander 132,75 € sur la base du total de 177 €, car les frais de gestion sont exclus du montant récupérable.
Le bon réflexe avant d’envoyer la régularisation
Avant toute demande au locataire, vérifiez toujours trois points : la bonne ligne TEOM sur l’avis, l’exclusion des frais de gestion, et la période exacte d’occupation du logement. Ce triple contrôle évite l’erreur la plus fréquente : réclamer un montant trop élevé, donc contestable.
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Comment réclamer la TEOM au locataire ?
Les justificatifs à fournir
Pour réclamer la taxe d’enlèvement des ordures ménagères au locataire, le bon réflexe est simple : joindre un justificatif clair, lisible et directement compréhensible.
Dans la majorité des cas, une copie de l’avis de taxe foncière faisant apparaître la ligne TEOM suffit.
Pour éviter toute contestation, il est conseillé de joindre :
- le montant exact de la TEOM ;
- le calcul du prorata éventuel ;
- le détail des sommes exclues (frais de gestion).
Une présentation simple et transparente facilite la régularisation des charges locatives.
Délais et rétroactivité
Le propriétaire peut réclamer une ancienne TEOM dans la limite du délai de prescription applicable aux charges récupérables, soit 3 ans.
Exemple :
- en 2026, un bailleur peut encore réclamer une TEOM datant de 2023 ;
- au-delà de 3 ans, la demande risque d’être prescrite.
Même si la récupération reste légalement possible dans certains cas, mieux vaut régulariser chaque année après réception de la taxe foncière afin d’éviter les litiges.
Les cas particuliers
Oui, la taxe d’enlèvement des ordures ménagères peut souvent être récupérée sur le locataire. Mais dans certains cas, la règle change. Bail meublé, colocation, arrivée ou départ en cours d’année, logement vacant ou commune en redevance d’enlèvement des ordures ménagères : chaque situation impose un traitement distinct.
Bail meublé avec forfait de charges : pas de supplément sauf clause spécifique
En location meublée, il faut d’abord regarder le mode de facturation des charges prévu au bail.
Si le contrat prévoit un forfait de charges, le propriétaire bailleur ne peut pas demander ensuite une régularisation séparée de la TEOM. Autrement dit, les charges d’ordures ménagères sont réputées pour être couvertes par le forfait, sauf rédaction contractuelle très particulière et juridiquement sécurisée.
En revanche, si le bail meublé fonctionne avec des provisions sur charges, la logique redevient celle des charges récupérables classiques : la TEOM peut être régularisée, hors frais de gestion.
Colocation : une répartition à organiser clairement
En colocation, la TEOM reste due pour le logement. La question porte surtout sur sa répartition entre colocataires.
Lorsque le bail comporte une clause de solidarité, le bailleur peut réclamer l’intégralité de la somme due aux colocataires, à charge pour eux de s’organiser entre eux. En pratique, il est toutefois préférable d’indiquer une répartition lisible, souvent au prorata des parts de loyer ou à parts égales si le bail le prévoit.
La bonne méthode consiste à conserver une règle simple, stable et annoncée dès la signature du bail.
Arrivée ou départ en cours d’année : appliquer un prorata d’occupation
Lorsque le locataire entre ou quitte le logement en cours d’année, la TEOM récupérable se calcule au prorata temporis. Le bailleur ne refacture que la période réelle d’occupation du logement.
Exemple : pour une TEOM annuelle de 240 €, un locataire présent du 1er avril au 31 décembre supportera 9/12, soit 180 €.
Cette approche évite les contestations et sécurise la régularisation des charges locatives.
Logement vacant : pas de récupération possible sur un locataire absent
Si le logement est vacant pendant une partie de l’année, aucune récupération n’est possible sur une période sans locataire. Le propriétaire assume alors la charge correspondante. Dans certains cas, selon la durée de vacance et la situation du bien, des mécanismes fiscaux distincts peuvent exister côté bailleur, mais ils ne se confondent pas avec la refacturation de la TEOM.
Commune en REOM : un fonctionnement différent
Enfin, il faut vérifier si la commune applique bien la taxe d’enlèvement des ordures ménagères ou une redevance d’enlèvement des ordures ménagères (REOM). Avec la REOM, la logique n’est plus celle d’une ligne figurant sur la taxe foncière : la facturation dépend du service rendu et des règles locales. Avant toute refacturation au locataire, le bailleur doit donc vérifier le dispositif applicable dans sa commune et le cadre prévu par le bail.
Conclusion
La récupération de la taxe d’enlèvement des ordures ménagères repose sur une règle simple : seul le montant exact de la TEOM peut être refacturé au locataire, jamais les frais de gestion.
Pour sécuriser votre régularisation de charges :
- vérifiez la bonne ligne sur l’avis de taxe foncière ;
- appliquez un prorata si nécessaire ;
- transmettez un justificatif clair ;
- respectez le délai de 3 ans.
Une gestion rigoureuse permet d’éviter les contestations et de simplifier la relation locative.
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FAQ
Le locataire doit-il payer la taxe d’ordures ménagères ?
Oui. La taxe d’enlèvement des ordures ménagères (TEOM) fait partie des charges récupérables que le propriétaire bailleur peut refacturer au locataire.
En pratique, le propriétaire règle d’abord l’avis de taxe foncière, puis récupère auprès du locataire uniquement la part correspondant à la TEOM. Cette refacturation suppose de pouvoir justifier le montant demandé. Les frais annexes de gestion, eux, ne peuvent pas être réclamés.
La taxe d’ordures ménagères est-elle incluse dans les charges locatives ?
Oui, lorsqu’il existe des provisions sur charges. La TEOM peut alors être intégrée à la régularisation annuelle.
Si le bail prévoit des provisions, la taxe d’ordures ménagères locataire entre dans le calcul des charges récupérables. En revanche, dans un bail meublé avec forfait de charges, elle est généralement réputée déjà comprise dans le forfait : le bailleur ne peut pas ajouter une régularisation séparée, sauf clause et régime le permettant expressément.
Quelle ligne de la taxe foncière peut être récupérée sur le locataire ?
Seule la ligne correspondant à la TEOM est récupérable.
Il ne faut pas confondre taxe foncière et taxe d’ordures ménagères. Le propriétaire ne peut pas transférer au locataire l’ensemble de la taxe foncière. Il doit isoler la ligne TEOM sur son avis, exclure les frais de gestion, puis calculer éventuellement un prorata selon la durée d’occupation du logement.
Les frais de gestion de la TEOM sont-ils récupérables ?
Non. Les frais de gestion figurant sur l’avis d’imposition restent à la charge du propriétaire.
C’est l’une des erreurs les plus fréquentes en gestion locative. Le montant récupérable correspond à la taxe d’enlèvement des ordures ménagères elle-même, pas au total affiché sur l’avis de taxe foncière.
Quand réclamer la TEOM au locataire ?
Le plus simple est de la réclamer lors de la régularisation annuelle des charges ou après réception de l’avis de taxe foncière.
Pour un bailleur, l’essentiel est d’adopter une méthode cohérente, lisible et justifiable. Une demande claire, accompagnée du justificatif, limite les contestations et sécurise la récupération.
Comment calculer le prorata en cas de départ du locataire ?
Il faut appliquer un prorata temporis selon la période réelle d’occupation du logement.
Exemple : si la TEOM récupérable est de 240 euros pour l’année et que le locataire quitte les lieux au 30 septembre, sa quote-part sera en général calculée sur 9 mois d’occupation, soit 180 euros. Cette logique vaut aussi pour une entrée en cours d’année.
Peut-on réclamer la TEOM à un ancien locataire ?
Oui, sous réserve de respecter le délai de prescription applicable aux charges récupérables.
Un ancien locataire peut donc encore devoir sa quote-part après son départ, notamment si l’avis de taxe foncière arrive plus tard. D’où l’intérêt, pour le bailleur, de conserver les justificatifs et de solder proprement les comptes au moment de la sortie.

Travaux à charge du locataire ou du bailleur : quelles sont les règles ?
May 21, 2026
La règle générale est simple : le locataire prend en charge l’entretien courant du logement et les petites réparations liées à l’usage normal des lieux. Le bailleur, lui, reste responsable de la vétusté, des gros travaux, des équipements défaillants et du respect des normes de décence.
Mais en pratique, la frontière n’est pas toujours évidente. Entre vétusté, défaut d’entretien, panne technique ou malfaçon, certains cas demandent une véritable analyse. Pour éviter les erreurs coûteuses, il faut comprendre précisément ce qui relève des réparations locatives et ce qui reste à la charge du propriétaire.
Réparations locatives : ce que le locataire doit prendre en charge
Le locataire doit assurer l’entretien courant du logement pendant toute la durée du bail. Cela concerne les menues réparations, les petites pièces d’usure et tout ce qui relève d’un usage normal des équipements.
Autrement dit, lorsque le problème aurait pu être évité par un entretien régulier ou qu’il s’agit d’un remplacement simple, la charge repose généralement sur le locataire.
Cette règle est encadrée par la loi du 6 juillet 1989 et par le décret du 26 août 1987, qui fixe la liste des réparations locatives. Le bail ne peut pas transférer librement au locataire des dépenses qui restent légalement à la charge du bailleur.
Les travaux à charge du locataire
Portes, serrures et ouvertures
Le locataire doit assurer l’entretien courant des portes, poignées, verrous et serrures. Cela comprend par exemple le graissage des gonds, le remplacement d’une petite pièce de serrure, le resserrage d’une poignée ou le remplacement de clés perdues. En revanche, si la serrure devient inutilisable par vétusté ou si la porte présente un défaut structurel, l’intervention relève du bailleur.
Murs, sols et peintures
Dans les pièces de vie, le locataire doit maintenir les revêtements dans un état normal d’usage. Il peut lui être demandé de reboucher de petits trous, de faire des raccords de peinture ou de nettoyer les murs en cas de traces importantes. Une peinture simplement défraîchie par le temps relève toutefois de la vétusté normale et reste à la charge du propriétaire.
Cuisine, salle de bain et plomberie légère
Le locataire prend en charge l’entretien courant des équipements sanitaires et de la petite plomberie : changement de joints, débouchage d’évier, remplacement d’un flexible, réparation d’un clapet ou entretien des raccords. Un WC bouché par usage ou un siphon encrassé relèvent également des réparations locatives.
Chauffage, VMC et petits équipements
L’entretien annuel de la chaudière individuelle incombe généralement au locataire, tout comme le nettoyage des grilles de ventilation, l’entretien de la VMC, le remplacement des ampoules, fusibles ou petites pièces d’usage. Le principe reste toujours le même : entretien courant = locataire.
Extérieurs privatifs
Lorsque le logement comprend un jardin, une terrasse ou des extérieurs privatifs, le locataire doit en assurer l’entretien régulier : tonte, désherbage, nettoyage courant, entretien des volets ou des petites menues réparations visibles. Les gros travaux restent exclus.
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Les travaux à la charge du bailleur
Le propriétaire bailleur prend en charge tout ce qui dépasse l’entretien courant. Dès qu’un problème provient de la vétusté, d’un vice de construction, d’une malfaçon ou d’un équipement arrivé en fin de vie, la réparation lui revient. Le bailleur doit également garantir un logement décent, en bon état d’usage et conforme aux obligations légales.
Retrouvez tout le détail des charges inputables au locataire sur service-public.gouv.fr.
Vétusté, gros travaux et remplacement des équipements
La vétusté correspond à l’usure normale liée au temps. Une chaudière ancienne qui tombe en panne, un ballon d’eau chaude en fin de vie, des fenêtres devenues défaillantes ou une robinetterie complètement usée relèvent généralement du propriétaire. Le locataire n’a pas à financer le remplacement d’un équipement simplement parce qu’il a vieilli.
Les gros travaux comme la réfection d’une toiture, le remplacement complet d’un tableau électrique, la rénovation d’une installation de chauffage ou la reprise d’une canalisation encastrée restent également à la charge du bailleur.
Défaut de construction et malfaçons
Lorsque le problème vient de la structure même du logement, la responsabilité du bailleur est engagée.
Cela concerne par exemple :
- une infiltration liée à la toiture
- une humidité provoquée par un défaut d’isolation
- une ventilation insuffisante
- une canalisation encastrée défectueuse
- une installation électrique non conforme
- une fenêtre mal posée ou devenue non étanche
Le locataire ne peut pas supporter le coût d’un vice de construction (source site de l'ANIL).
L’obligation de logement décent
Le propriétaire doit fournir un logement décent, c’est-à-dire un logement qui ne présente pas de risque pour la sécurité ou la santé, qui dispose d’un chauffage fonctionnel, d’un accès normal à l’eau, d’une ventilation suffisante et d’équipements essentiels en bon état.
Si le logement ne respecte plus ces critères, les travaux de mise en conformité restent obligatoirement à la charge du bailleur.
Cette obligation dépasse largement la simple notion de confort : elle engage directement la responsabilité du propriétaire.
Tableau comparatif : locataire ou bailleur ?
Les cas les plus litigieux
En pratique, les désaccords entre locataire et propriétaire apparaissent surtout dans les situations les plus ambiguës : fuite d’eau, parquet abîmé, peinture dégradée, humidité persistante ou volets cassés. La bonne méthode consiste toujours à rechercher l’origine réelle du problème afin de distinguer un simple défaut d’entretien d’une vétusté normale ou d’un désordre structurel. Par exemple, une fuite sous l’évier causée par un joint usé ou un siphon encrassé relève généralement du locataire, tandis qu’une canalisation ancienne, corrodée ou défaillante oriente la responsabilité vers le bailleur.
De la même manière, un parquet légèrement terni par le temps relève de l’usure normale, alors que des rayures profondes, des impacts importants ou des lames endommagées peuvent être considérés comme des dégradations locatives. Pour la peinture, un simple vieillissement naturel ne justifie pas de retenue sur le dépôt de garantie, contrairement à des murs fortement salis, percés ou mal entretenus. Dans tous les cas, l’analyse doit reposer sur des éléments concrets : état des lieux, photos, devis ou constat d’un professionnel, et jamais sur une simple impression.
L’importance de l’état des lieux
L’état des lieux constitue l’un des documents les plus importants dans une location, car il protège aussi bien le bailleur que le locataire. Celui d’entrée permet de fixer précisément l’état initial du logement et de ses équipements, tandis que l’état des lieux de sortie sert de point de comparaison pour identifier ce qui relève d’une usure normale, d’une simple vétusté ou d’une véritable dégradation imputable au locataire. Plus ce document est précis, plus il devient facile de trancher un désaccord.
Il doit détailler les murs, les sols, les menuiseries, la robinetterie, les équipements de cuisine, la salle de bain, le chauffage, les fenêtres, la VMC ainsi que les éventuels extérieurs. Des photos datées viennent renforcer considérablement la valeur probante du dossier. Sans état des lieux rigoureux, il devient souvent très difficile pour le propriétaire de justifier une retenue sur le dépôt de garantie ou d’imputer une réparation au locataire de manière incontestable.
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Que faire en cas de désaccord ?
En cas de litige entre le locataire et le propriétaire sur la prise en charge de travaux ou de réparations, il est important d’avancer de manière progressive et structurée. La première étape consiste à formaliser le problème par écrit en décrivant précisément la panne ou la dégradation constatée, en joignant des photos et, si possible, un devis ou l’intervention d’un artisan permettant d’identifier clairement l’origine du désordre. Cette approche évite les malentendus et pose une base factuelle solide.
Lorsque le doute persiste ou que les deux parties ne parviennent pas à s’accorder, il peut être utile de solliciter un avis extérieur, notamment auprès de l’ADIL ou de la commission départementale de conciliation, qui permettent souvent de débloquer la situation sans procédure judiciaire. Le recours au tribunal doit rester la dernière option, lorsque toute tentative amiable a échoué. Dans tous les cas, la solidité du dossier repose sur les preuves : état des lieux, devis, factures, échanges écrits et constats techniques seront les éléments les plus déterminants.
Comment éviter les litiges ?
La meilleure solution reste la prévention. Un logement bien entretenu, des équipements suivis régulièrement et un état des lieux rigoureux réduisent fortement les conflits. Il est également utile de conserver l’historique des interventions : entretien de chaudière, remplacement de joints, signalement d’humidité ou intervention plomberie.
Une gestion locative bien documentée protège autant le propriétaire que le locataire.
Des solutions comme Gapaylo permettent aussi de mieux structurer la gestion locative, de sécuriser les flux financiers et de limiter les litiges liés aux réparations, aux dégradations ou aux retenues de dépôt de garantie.
Ce qu’il faut retenir
La règle est simple : le locataire entretient, le bailleur répare ce qui relève de la vétusté, des gros travaux et de la décence du logement. Mais entre théorie et pratique, de nombreuses situations demandent une analyse plus fine. Une fuite, une panne ou une dégradation ne se jugent pas uniquement sur leur apparence, mais sur leur origine réelle.
Pour éviter les erreurs, il faut raisonner avec méthode : état des lieux précis, preuves solides, qualification correcte du problème et dialogue structuré. C’est cette rigueur qui permet de sécuriser durablement la relation locative.

Charges récupérables sur le locataire : liste, calcul et régularisation
May 21, 2026
Les charges récupérables sur le locataire constituent un sujet central dans toute gestion locative, qu’il s’agisse d’une location vide, meublée ou d’un logement situé en copropriété. Pourtant, elles restent encore une source fréquente d’incompréhension, voire de litige, entre propriétaire et locataire. Entre les provisions mensuelles, la régularisation annuelle, les dépenses réellement imputables et celles qui restent à la charge du bailleur, la frontière n’est pas toujours évidente.
En pratique, les charges récupérables correspondent aux dépenses avancées par le propriétaire pour le fonctionnement courant du logement ou de l’immeuble, que le locataire doit ensuite rembourser. Elles viennent s’ajouter au loyer et doivent être strictement encadrées par la loi.
L’objectif de cet article est de clarifier de manière exhaustive ce que recouvrent les charges locatives récupérables, comment elles sont calculées, réparties et régularisées, tout en identifiant les erreurs à éviter pour sécuriser la relation locative.
Que sont les charges récupérables sur le locataire ?
Les charges récupérables, également appelées charges locatives, correspondent aux coûts liés à l’usage courant du logement et aux services dont bénéficie directement le locataire.
Le propriétaire règle d’abord ces frais, puis les refacture au locataire selon les modalités prévues dans le bail. Il ne s’agit donc pas d’un complément de loyer, mais bien d’un remboursement de dépenses réelles.
Concrètement, cela peut concerner l’eau froide, le chauffage collectif, l’entretien des parties communes, le nettoyage de l’immeuble, l’électricité des espaces communs ou encore la taxe d’enlèvement des ordures ménagères.
Le principe fondamental est simple : la charge doit correspondre à une dépense d’usage, d’entretien courant ou de service directement utile au locataire.
À l’inverse, les dépenses d’investissement, les gros travaux ou les frais de gestion du bailleur ne sont pas récupérables.
Le cadre légal des charges récupérables
Le sujet est strictement encadré par la loi (source Ministère de l'économie)
Le texte de référence reste l’article 23 de la loi du 6 juillet 1989, complété par le décret n°87-713 du 26 août 1987, qui dresse la liste officielle des charges récupérables dans le parc locatif privé.
Cette liste est limitative, autrement dit le propriétaire ne peut pas librement ajouter d’autres dépenses.
C’est précisément ce cadre légal qui protège le locataire contre des refacturations abusives.
Le bail doit également préciser le mode de paiement :
- provisions mensuelles avec régularisation chaque année
- forfait de charges dans certains cas (souvent en meublé)
Le système le plus fréquent reste celui des provisions sur charges : le locataire verse chaque mois un montant estimatif, puis une régularisation intervient une fois par an.
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Liste des charges récupérables les plus fréquentes
Les charges récupérables couvrent plusieurs grandes familles de coûts.
Eau et chauffage
Les frais liés à l’eau froide, à l’eau chaude et au chauffage collectif figurent parmi les postes les plus courants.
Cela inclut non seulement la consommation elle-même, mais aussi certains frais annexes comme les relevés de compteurs, les répartiteurs ou l’entretien courant des installations collectives.
Dans les immeubles équipés d’une chaudière collective, le combustible, l’électricité de fonctionnement et les opérations de maintenance courante sont généralement récupérables.
Entretien des parties communes
Le nettoyage des parties communes fait également partie des charges récupérables.
Cela concerne par exemple :
- hall d’entrée
- escaliers
- couloirs
- local poubelles
- ascenseur
- parking commun
Les frais de ménage, les produits d’entretien, le remplacement d’ampoules ou les petites réparations d’usage peuvent être refacturés au locataire.
Ascenseur et équipements collectifs
L’ascenseur constitue souvent un poste important.
Son contrat d’entretien, les petites pièces, l’huile, les visites de contrôle obligatoires et l’électricité de fonctionnement sont récupérables.
En revanche, le remplacement complet du moteur ou une rénovation lourde restent à la charge du propriétaire.
C’est ici que la distinction entre entretien courant et travaux structurels prend tout son sens.
Gardien et personnel d’immeuble
Dans certains immeubles, une partie du salaire et des charges sociales du gardien ou du concierge peut être récupérée.
La quote-part dépend des missions réellement assurées.
Par exemple, lorsqu’il assure le nettoyage des parties communes et la gestion des déchets, jusqu’à 75 % de sa rémunération peut être imputée aux locataires.
Les charges non récupérables
Les charges non récupérables constituent souvent le point le plus sensible dans la relation entre propriétaire et locataire, car elles sont à l’origine de nombreux litiges lors de la régularisation chaque année.
Certaines dépenses ne peuvent en aucun cas être refacturées au locataire, même si elles concernent le logement ou l’immeuble. C’est notamment le cas de la taxe foncière, de l’assurance propriétaire non occupant (PNO), des frais de syndic liés à la gestion, des honoraires de gestion locative, des frais comptables, mais aussi des gros travaux relevant de la conservation ou de l’amélioration du bien. Un ravalement de façade, une rénovation de toiture ou encore le remplacement complet d’un équipement collectif (comme une chaudière ou un ascenseur) restent ainsi à la charge exclusive du bailleur.
En réalité, tous ces coûts relèvent de la préservation du patrimoine immobilier et de la valorisation du bien dans le temps, et non de l’usage quotidien du logement par le locataire. C’est précisément cette distinction entre entretien courant et investissement patrimonial qui permet de déterminer ce qui est, ou non, récupérable.
Comment calculer les charges récupérables ?
Le calcul repose généralement sur le système des provisions mensuelles.
Le propriétaire estime un montant à partir des dépenses réelles de l’année précédente.
Cette provision est ensuite appelée chaque mois en même temps que le loyer.
Par exemple, si les charges récupérables N-1 s’élevaient à 1 200 €, une provision de 100 € par mois pourra être demandée.
À la fin de l’exercice, le bailleur compare :
- provisions versées
- dépenses réellement supportées
Si le montant réel est supérieur, un complément est dû.
S’il est inférieur, le propriétaire doit rembourser le trop-perçu.
La régularisation annuelle des charges
La régularisation est une obligation légale chaque année.
Elle permet d’ajuster les provisions aux dépenses réelles.
Le propriétaire doit transmettre un décompte détaillé.
Ce document doit préciser chaque poste :
- eau
- chauffage
- entretien
- ascenseur
- TEOM (ordures ménagères)
- nettoyage
Les justificatifs doivent rester consultables par le locataire.
Cette étape est essentielle pour éviter les contestations.
Une régularisation floue ou non justifiée constitue l’une des principales causes de litige locatif.
Tableau comparatif : charges récupérables vs non récupérables
Cas particulier : location meublée
En location meublée, le traitement des charges récupérables présente une particularité importante, car deux modes de facturation peuvent être prévus au bail.
Le premier fonctionne sur le principe classique des provisions sur charges avec régularisation chaque année, exactement comme en location nue : le locataire verse chaque mois une provision, puis un ajustement est réalisé une fois par an en fonction des coûts réellement engagés.
Le second repose sur un forfait de charges, souvent utilisé pour simplifier la gestion locative, notamment sur les petites surfaces ou les locations à rotation plus fréquente.
Dans ce cas, aucune régularisation n’est effectuée, même si les dépenses réelles évoluent au cours de l’année. Le montant du forfait doit néanmoins rester cohérent, raisonnable et en adéquation avec les charges prévisibles du logement, afin d’éviter tout risque de contestation ou de requalification. Ce choix a donc un impact direct sur la lisibilité du bail et sur la relation financière entre bailleur et locataire.
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Les erreurs les plus fréquentes des bailleurs
Parmi les erreurs les plus fréquentes commises par les bailleurs, la première consiste à refacturer au locataire des coûts qui ne sont pas légalement récupérables.
C’est souvent le cas des frais de gestion locative, des honoraires de syndic non liés aux services d’usage, ou encore de certains travaux qui relèvent en réalité de la conservation ou de l’amélioration du bien. Une autre erreur très courante concerne l’absence de régularisation annuelle des charges, pourtant obligatoire lorsque le bail prévoit un système de provisions.
Le locataire est pleinement en droit de demander un décompte détaillé ainsi que les justificatifs correspondants, tels que les factures, appels de fonds du syndic ou relevés de consommation.
Enfin, les mauvaises clés de répartition en copropriété représentent une source récurrente de contestation, notamment lorsque les tantièmes appliqués ne correspondent pas au règlement de copropriété ou lorsque certaines charges, comme l’ascenseur, sont imputées à des lots qui n’en bénéficient pas directement. Ces erreurs peuvent rapidement dégrader la relation locative et exposer le propriétaire à une demande de remboursement.
Comment sécuriser la gestion des charges ?
Pour sécuriser la comptabilisation des charges récupérables, la meilleure approche consiste à documenter avec rigueur chaque dépense engagée tout au long de l’année.
Chaque facture, appel de fonds du syndic, relevé d’eau ou contrat d’entretien doit pouvoir être retrouvé facilement au moment de la régularisation chaque année. Mettre en place un tableau de suivi des charges sur l’année permet d’anticiper les écarts entre provisions versées et dépenses réelles, tout en facilitant la production d’un décompte clair pour le locataire.
Dans une logique de gestion locative plus professionnalisée, il peut également être pertinent de s’appuyer sur des outils spécialisés afin de centraliser les justificatifs, automatiser les calculs et suivre les échéances.
Des solutions comme GaPayLo peuvent aussi s’intégrer dans cette démarche en apportant davantage de visibilité sur les flux financiers locatifs et en contribuant à limiter les litiges liés aux appels de charges, aux retards de paiement ou aux régularisations contestées.
Bien maîtriser les charges récupérables pour éviter les litiges
Les charges récupérables sur locataire constituent un sujet central dans toute gestion locative, car elles impactent directement à la fois la rentabilité du bailleur et la lisibilité budgétaire du locataire. Bien les maîtriser ne consiste pas seulement à appliquer une liste réglementaire, mais à comprendre la logique juridique qui distingue les coûts liés à l’usage courant du logement de celles relevant de la conservation du patrimoine immobilier.
En pratique, la majorité des conflits naît moins du montant des charges que d’un manque de transparence dans leur calcul et leur justification. Une régularisation claire chaque année, appuyée par des justificatifs accessibles et une clé de répartition cohérente, reste le meilleur moyen de sécuriser la relation locative.
Pour le propriétaire, l’enjeu est double : rester conforme à la loi tout en protégeant sa trésorerie. Pour le locataire, il s’agit de s’assurer que seules les dépenses légalement récupérables lui sont imputées.
Une gestion rigoureuse, anticipée et bien documentée permet donc d’éviter les contestations. C’est souvent ce qui fait la différence entre une location fluide et un contentieux inutile.

Expulser des locataires : les démarches, délais et recours du propriétaire
May 21, 2026
Les motifs légaux pour expulser un locataire
Un propriétaire ne peut engager une expulsion que pour un motif légitime, réel et sérieux, reconnu par le juge.
Le cas le plus fréquent reste celui des loyers impayés. Dès lors que le locataire ne respecte plus son obligation de paiement, le bailleur peut initier une procédure. Toutefois, le juge conserve un pouvoir d’appréciation important, notamment sur la situation financière du locataire.
D’autres motifs peuvent justifier une expulsion :
- non-paiement des charges locatives
- absence d’assurance habitation obligatoire
- troubles anormaux du voisinage
- dégradations du logement
- non-respect des obligations du bail
- maintien dans les lieux après résiliation
La notion de responsabilité du locataire est centrale : le juge analyse les faits, les preuves, et la gravité des manquements.
Le rôle du bail et de la clause résolutoire
Le contrat de location constitue la base juridique de toute procédure. Il encadre les obligations du locataire et du bailleur.
Dans la majorité des cas, le bail contient une clause résolutoire, qui prévoit la résiliation automatique du contrat en cas de manquement (impayés, absence d’assurance, troubles).
Cette clause permet d’accélérer le process, mais elle ne produit pas ses effets automatiquement. Elle doit être activée via un commandement de payer délivré par un commissaire de justice.
Sans cette étape, la résiliation du bail ne peut pas être opposable au locataire.
La procédure d’expulsion : un enchaînement d’actes juridiques
Le commandement de payer : point de départ de la procédure
La procédure commence par la délivrance d’un commandement de payer par un commissaire de justice.
Ce document officiel mentionne :
- le montant de la dette locative
- les loyers impayés
- les temps autorisés pour régulariser
- les conséquences en cas de non-paiement
Après la signification d'un commandement de payer, le locataire doit régulariser la situation dans un délais de 6 semaines (et non généralement 2 mois). Pendant cette période, il peut mobiliser des aides sociales ou proposer un plan de paiement.
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L’assignation devant le tribunal judiciaire
En l’absence de régularisation, le bailleur engage une action en justice en assignant le locataire devant le juge des contentieux de la protection.
Cette étape marque l’entrée dans une action judiciaire complète. Le juge examine :
- la situation financière du locataire
- le montant des loyers impayés
- les démarches déjà engagées
- la bonne foi des parties
Le tribunal peut constater l'acquisition de la clause résolutoire et ordonner l'expulsion, mais aussi accorder des délais ou suspendre la clause résolutoire.
La décision de justice et ses effets
La sentence rendue par le juge constitue le fondement de l’expulsion.
Elle peut inclure :
- la résiliation du bail
- la condamnation au paiement des loyers
- l’autorisation d’expulsion
- l’octroi de délais supplémentaires
Le locataire peut faire appel, ce qui prolonge encore la durée.
Le commandement de quitter les lieux
Une fois la décision judiciaire obtenue, un commandement de quitter les lieux est délivré.
Ce document impose au locataire de quitter le logement dans un délai minimum de deux mois. Ce délai peut être prolongé en fonction de la condition financière personnelle de l’occupant.
L’expulsion avec concours de la force publique
Si le locataire refuse de quitter le logement, le commissaire de justice sollicite le concours de la force publique auprès de la préfecture.
L’expulsion devient alors effective, avec l’intervention des autorités. Cette étape dépend de l’accord du préfet, ce qui peut entraîner des délais supplémentaires.
Découvrez en plus sur les étapes de la procédure d'expulsion sur service-public.gouv.
Les délais d’expulsion : une réalité souvent sous-estimée
La durée d’une procédure d’expulsion est rarement inférieure à un an. Dans de nombreux cas, elle s’étend entre 12 et 24 mois.
Plusieurs facteurs influencent cette durée :
- la charge des tribunaux
- la complexité du dossier
- les recours du locataire
- les délais accordés par le juge
- l’intervention de la préfecture
Chaque étape ajoute un délai supplémentaire, ce qui rend la gestion des loyers impayés particulièrement impactante pour le propriétaire.
La trêve hivernale : un blocage temporaire de l’expulsion
La trêve hivernale suspend les expulsions du 1er novembre au 31 mars.
Durant cette période :
- aucune expulsion ne peut être exécutée
- les procédures peuvent continuer
- les décisions judiciaires peuvent être rendues
Ce mécanisme protège les locataires en période hivernale, mais allonge mécaniquement la durée pour les propriétaires.
L’expulsion sans cadre légal : un risque pénal majeur
Un propriétaire ne peut jamais expulser un locataire sans décision de justice.
Toute tentative d’expulsion illégale (changement de serrure, coupure d’électricité, intimidation) constitue une infraction.
Les sanctions peuvent inclure :
- amende
- dommages et intérêts
- sanctions pénales
Le droit protège l’occupant, même en cas de non-paiement du loyer (source commissaire-justice.fr).
Les conséquences financières pour le bailleur
Une expulsion entraîne des pertes financières importantes.
Le propriétaire doit faire face à plusieurs impacts :
- accumulation des loyers impayés
- frais de procédure
- honoraires de commissaire de justice
- éventuelles dégradations du logement
- vacance locative
Même après une décision favorable, le recouvrement des sommes dues reste incertain. La solvabilité du locataire est souvent limitée.
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Les alternatives à la procédure d’expulsion
Avant d’engager une action judiciaire, il est souvent pertinent d’explorer des solutions amiables.
La négociation directe permet parfois de trouver un accord rapide, notamment via un échéancier de paiement.
La médiation locative peut également faciliter la résolution du conflit. Elle permet d’éviter une procédure longue et coûteuse.
Les aides sociales (CAF, FSL) peuvent aider le locataire à régulariser sa condition, ce qui évite l’expulsion.
Sécuriser sa location pour éviter l’expulsion
L’expulsion doit rester une solution de dernier recours. La prévention constitue le levier le plus efficace.
Une sélection rigoureuse des locataires permet de limiter les risques d’impayés. L’analyse des revenus, de la stabilité professionnelle et du dossier locatif est essentielle.
La gestion locative joue également un rôle clé. Un suivi régulier permet d’identifier rapidement les difficultés et d’agir avant que la situation ne dégénère.
Dans ce contexte, des solutions comme Gapaylo permettent de sécuriser les loyers et d’anticiper les risques. Elles offrent un cadre structuré pour la gestion locative, réduisant l’exposition aux impayés et aux procédures judiciaires.
Découvrez tous nos conseils pour la sélection du locataire idéal dans notre article dédié sur le sujet.
Les situations spécifiques : locataires protégés et cas particuliers
Certaines situations complexifient l'expulsion.
Les locataires protégés (personnes âgées, ressources modestes) bénéficient de garanties supplémentaires. Le juge peut accorder une durée plus longue ou exiger des conditions particulières.
Dans ces cas, la procédure devient plus technique et nécessite une approche rigoureuse.
Apprenez-en plus sur les locataires protégés dans notre article dédié.
L'expulsion, une procédure à maîtriser pour protéger son investissement
Expulser des locataires est une procédure longue, encadrée et exigeante. Elle repose sur une succession d’étapes juridiques, où chaque erreur peut entraîner un blocage.
Pour le propriétaire, l’enjeu n’est pas seulement d’obtenir une expulsion, mais de sécuriser l’ensemble de la gestion locative.
La réalité du marché est claire : mieux vaut prévenir que guérir. Une stratégie basée sur la sélection, la gestion et la sécurisation des loyers permet d’éviter la majorité des situations conflictuelles.

Porter plainte contre son locataire pour dégradation : recours et démarches
May 21, 2026
Ce que dit la loi sur les dégradations locatives
Dans une location, le locataire a l’obligation d’entretenir le logement et de l’utiliser conformément au contrat de bail. Cette règle est prévue par le Code civil et par la loi du 6 juillet 1989 qui encadre les relations locatives.
Le principe est simple : le locataire doit restituer le logement dans l’état dans lequel il l’a reçu, sauf en cas d’usure normale liée au temps ou à la vétusté.
Lorsqu’un logement est rendu dans un état dégradé lors de l’état des lieux de sortie, la responsabilité du locataire peut être engagée. Le propriétaire peut alors réclamer le coût des réparations ou engager une procédure judiciaire.
Toutefois, pour obtenir réparation, il doit être en mesure de démontrer que les dommages ont été causés pendant la durée de la location.
Usure normale ou dégradation : une distinction essentielle
Dans les litiges locatifs, la première question consiste souvent à déterminer si les dommages relèvent de la vétusté normale ou de véritables dégradations.
L’usure normale correspond à l’évolution naturelle d’un logement occupé pendant plusieurs années. Une peinture légèrement ternie, un parquet qui a perdu de son éclat ou des joints légèrement jaunis peuvent par exemple être considérés comme des effets du temps.
À l’inverse, certaines situations révèlent clairement une dégradation imputable au locataire : murs troués, porte cassée, équipement détruit ou logement laissé dans un état particulièrement sale.
Cette distinction est importante, car seule la détérioration imputable au locataire peut donner lieu à une indemnisation.
Exemples fréquents
L’état des lieux : la preuve centrale en cas de litige
Lorsqu’un conflit apparaît entre bailleur et locataire, l’état des lieux devient la pièce centrale du dossier.
L’état des lieux d’entrée décrit l’état du logement au moment où le locataire prend possession des lieux. Celui de sortie permet ensuite de comparer l’état du logement à la fin de la location.
Si une détérioration apparaît dans le second document alors qu’elle n’était pas présente dans le premier, il devient possible de démontrer la responsabilité du locataire.
Dans certains cas, notamment lorsque le locataire refuse de signer ou conteste les dommages, le propriétaire peut faire intervenir un huissier de justice pour établir un constat officiel.
Des photos, des devis de réparation et des factures peuvent également renforcer le dossier.
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Peut-on réellement porter plainte contre son locataire ?
Beaucoup de propriétaires se demandent s’il est possible de porter plainte contre un locataire pour dégradation.
La réponse dépend de la nature des dommages. Dans la majorité des situations, les litiges locatifs sont traités devant la justice civile. Le bailleur saisit alors le tribunal afin d’obtenir une indemnisation correspondant au montant des réparations.
Cependant, lorsqu’un logement est volontairement saccagé ou que les dégradations sont particulièrement graves, une plainte pénale peut être déposée. Cela peut concerner par exemple des actes de vandalisme, des destructions volontaires ou des dégradations importantes du logement.
Dans ces cas-là, la plainte peut être déposée auprès de la police ou de la gendarmerie.
Les démarches amiables avant une procédure judiciaire
Avant de saisir la justice, il est généralement obligatoire d’engager une tentative de résolution amiable (source justice.fr)
La première étape consiste à constater précisément les dégradations et à évaluer leur coût. Les devis de réparation permettent de déterminer le montant des détériorations.
Une fois ces éléments réunis, le propriétaire peut adresser au locataire une mise en demeure. Cette lettre, envoyée en recommandé avec accusé de réception, demande au locataire de réparer les dommages ou de verser une indemnisation.
La mise en demeure constitue une étape importante dans la démarche, car elle démontre que le bailleur a tenté de résoudre le litige avant de saisir le tribunal.
Dans certains cas, cette démarche suffit à trouver un accord.
Le rôle de la conciliation et de la commission de conciliation
Lorsque le dialogue devient difficile, il est possible de recourir à une procédure de conciliation.
La commission départementale de conciliation peut être saisie pour tenter de résoudre le conflit entre propriétaire et locataire. Cette instance gratuite examine les éléments du dossier et propose une solution.
La conciliation permet souvent d’éviter un processus judiciaire long et coûteux.
Même si la décision de la commission n’est pas contraignante, elle peut servir de base pour un accord entre les parties.
Saisir le tribunal en cas de dégradation du logement
Si aucune solution amiable n’est trouvée, le propriétaire peut saisir le tribunal judiciaire du lieu où se situe le logement.
Le juge des contentieux de la protection examine alors le dossier et peut condamner le locataire à indemniser le bailleur pour les dégradations constatées.
Selon la gravité de la situation, la décision peut également entraîner la résiliation du bail ou, dans certains cas, une procédure d’expulsion.
Pour être efficace, le dossier présenté au tribunal doit contenir l’ensemble des preuves : états des lieux, devis, factures, photos ou constat d’huissier.
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Utiliser le dépôt de garantie pour couvrir les réparations
Dans la plupart des contrats de location, le locataire verse un dépôt de garantie au moment de la signature du bail.
Ce dépôt permet au propriétaire de couvrir certaines dépenses en cas de problème. Il peut notamment être utilisé pour compenser les dégradations locatives.
Toute retenue sur le dépôt doit toutefois être justifiée. Le bailleur doit être en mesure de présenter des devis ou des factures correspondant aux réparations nécessaires.
Si le montant des réparations dépasse le dépôt de garantie, le propriétaire peut réclamer la différence au locataire.
L’assurance et les dégradations locatives
Les assurances peuvent également intervenir pour couvrir certaines détériorations.
Le locataire doit normalement souscrire une assurance habitation couvrant les risques locatifs. Cette assurance peut prendre en charge certaines réparations liées aux dommages causés au logement.
De son côté, le propriétaire peut disposer d’une assurance propriétaire non occupant ou d’une garantie loyers impayés incluant parfois les dégradations. Si le logement est loué meublé et équipé, et que des dégradations sont déplorées sur du mobilier et/ou des éléments d'équipements, une déclaration de sinistre sera à effectuer auprès de l'Assurance Propriétaire Non Occupant (obligatoire pour un bien en copropriété, fortement conseillée pour une maison individuelle, ces garanties sont parfois optionnelles et il est recommandé d'y souscrire si tel est le cas)
Ces dispositifs permettent parfois d’obtenir une indemnisation plus rapide.
Prévenir les dégradations grâce à une gestion locative rigoureuse
Même si la loi prévoit des recours, la meilleure solution reste la prévention.
Une sélection sérieuse des locataires, un bail clair et un état des lieux précis permettent de limiter considérablement les risques de dégradations.
Un suivi régulier du logement et une communication claire avec les locataires permettent également de détecter rapidement les problèmes d’entretien.
Certaines solutions de gestion locative facilitent aussi le suivi des incidents et la sécurisation de la relation locative. Des services comme Gapaylo permettent par exemple de cadrer les démarches en cas de dégradations locatives, et de sécuriser la gestion des loyers.
Vos droits face aux dégradations locatives
Les dégradations d’un logement par un locataire peuvent entraîner des conséquences financières importantes pour un bailleur. Heureusement, plusieurs recours existent pour obtenir réparation.
Avant de porter plainte contre son locataire pour dégradation, il est généralement préférable de suivre une démarche progressive : constater les détériorations, réunir les preuves, tenter une résolution amiable puis, si nécessaire, saisir la justice.
L’état des lieux, les devis de réparation et les preuves documentaires jouent un rôle central pour défendre les droits du propriétaire.
Enfin, une gestion locative rigoureuse reste la meilleure protection pour éviter les conflits et sécuriser son investissement immobilier.

